Tabula rasa

Et si demain l'école devenait mobile ?

Concours Jean Prouvé 2015, projet sélectionné parmi 480 projets présentés.

 

Contexte

Le Prix Jean Prouvé propose aux écoles de design françaises et aux designers professionnels de repenser le mobilier scolaire. Cette nouvelle approche est axée vers le confort et le bien-être des élèves dans une école en mutation.

Notre parti-pris : et si demain l’école devenait mobile ? Mobile physiquement mais aussi dans son système éducatif.
Et si demain l’écolier, à son tour, devenait mobile ?
Il aurait la possibilité d’appréhender son apprentissage au-delà des murs. Demain, les cours pourraient être, d’une part, dans la structure école que nous n’excluons pas, où des ateliers en groupe viendraient enrichir les apports théoriques traditionnels. D’autre part, nous proposons de nous écarter de ce lieu formel et cherchons à ouvrir l’espace d’apprentissage à des lieux informels, à l’apprentissage par l’expérience.

Tabula Rasa a été imaginé dans le cadre du Prix Jean Prouvé (2015) pour le Ministère de l’Éducation Nationale, par Julia Guillou, Alexandre DeContes et moi-même.Parmi plus de 480 projets participants, notre concept a été dans les quinze présélectionnés par le jury.Nous avons eu la chance de présenter notre projet au Ministère de l'Éducation Nationale lors de la remise des prix.

Mobile et adaptable

Soucieux de ne pas réinventer la table, nous avons décidé de considérer le mobilier comme mobile et adaptable, comme un outil
de travail que se réapproprierait l’élève et qui l’accompagnerait jusque dans des lieux non dédiés et à des instants non-planifiés.

Notre concept se présente sous la forme d’un sac à dos qui, une fois passé sur le devant, se déplie et offre une surface de travail.

 

 

Questionner les usages

Nous renversons les habitudes et l’élève, autrefois subissant le mobilier, se voit alors propriétaire de celui-ci, lui redonnant du sens, se le réappropriant. La souplesse de l’outil permet un usage dans plusieurs configurations (positions et en tous lieux).

La surface de travail permet de placer un cahier format A4 en position verticale et offre une marge de confort pour prendre des notes. Une pince sur la partie supérieure permet de fixer le cahier.

Améliorer ce qui fonctionne

Notre projet ne fait pas l’impasse sur le rangement et offre un système de classement sous la surface de travail ainsi que deux trousses accessibles sur les côtés. Le dos du sac accueillera sans peine une
tablette ou un ordinateur portable 15 pouces.

Questionner les systèmes existants

Notre projet répond à différents enjeux : des enjeux spatiaux qui interrogent sur les limites du lieu d’enseignement, des enjeux de communication qui interrogent sur l’attention, sur l’écoute des élèves, des enjeux concernant la qualité des informations qui interrogent sur l’écueil de l’infobésité, de dilution de l’information.

Aussi, il questionne les enjeux psychosociaux qui interrogent sur les systèmes collaboratifs dans l’éducation, les enjeux éthiques qui posent la question de la fascination technique subordonnant la transmission du savoir, les enjeux concernant la place de l’enseignant, qui remet en cause le modèle actuel, la position frontale de l’enseignant et qui pose la question de l’auto-éducation, de la mobilité future de l’enseignement.